Sphota, coopérative d'invention musicale

L'amour est un crime parfait, ciné-concert

En 2013, les musiciens de Caravaggio ont été sollicités pour composer la bande originale du film L'amour est un crime parfait d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu  (sorti en janvier 2014).

Suite à cette rencontre artistique est née l'envie d'étendre ce travail à une version «live» donnant une place plus importante à la musique.

Sphota, L'amour est un crime parfait (2013-14)
Sphota, L'amour est un crime parfait (2013-14)

Les musiciens de Caravaggio  ont eu carte blanche des réalisateurs pour refaçonner leur musique en l'adaptant au format «ciné-concert». Mais c'est un ciné-concert d'une nature un peu particulière dont il s'agit ici, le film étant sonore et sa date de sortie au cinéma très récente. Pas de silence absolu, pas de «cartons» et de noir et blanc, pas de rayures et de poussières ici, mais un film de cinéma tout neuf, avec des acteurs et des décors d'aujourd'hui, des scènes où les voix résonnent, où les voitures grondent, où les respirations halètent. Aussi, les musiciens ont pris la liberté d'intervenir sur la bande son du film comme si elle devenait elle aussi une couche musicale à part entière, en «dé-mixant» le son de certaines scènes dialoguées, pour éclaircir leur propos musical, tout en ayant toujours le souci de conserver la compréhension la plus complète possible du scénario. Parfois, des répliques isolées émergent d'une scène devenue muette, apportant comme le faisaient les cartons du cinéma muet, un éclairage plus précis sur l'avancée du récit. Musique jouée en direct, voix et ambiances sonores en sont devenues les trois voix d'un contrepoint musical qui traversent le film. La hiérarchie dialogues/ ambiances/ musique, propre au cinéma, en est toute bouleversée.

Mais si ce projet a été possible, ce n'est pas uniquement parce que les réalisateurs ont fait preuve d'une exceptionnelle confiance envers les musiciens, c'est aussi que ce film dans sa forme originelle a très tôt – peut-être dés l'adaptation du roman de Philippe Djian – ouvert une brèche pour qu'y pénètre le «liquide» de la musique, contribuant a son atmosphère d'incertitude et de chute intérieure.
Dans cette nouvelle version, les musiciens ont donc creusé plus profondément cette brèche, jusqu'à prendre le risque de fissurer certaines parois…

Distribution

Bruno Chevillon, basse, contrebasse, électronique
Éric Echampard, batterie, percussions, pad
Benjamin de la Fuente, violon, guitare électrique tenor, mandocaster, électronique
Samuel Sighicelli, orgue Hammond, synthétiseurs (Moog et minikorg), sampler, piano électrique Fender Rhodes

Avec la collaboration d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu, réalisateurs du film.
Création le 11 juillet 2014 au Festival Jazz à Luz Saint Sauveur. Production déléguée: Sphota, coopérative d'invention musicale. Coproduction: Festival d'altitude Jazz à Luz. Reprises le 18 janvier 2015 dans l'auditorium du musée du Louvre, Paris, et le 22 septembre 2015 au Lieu Unique, Nantes